Le quartier de Louise
C’est un quartier qui fonctionne comme une véritable ville dans la ville, avec ses propres marchés, ses rues de restaurants, ses parcs et son propre rythme, tout en étant à seulement quinze minutes en tram de la Grand-Place. Séjourner ici est une expérience différente de celle que l’on peut avoir dans le centre historique. Ni meilleure ni moins bonne, mais véritablement différente dans son caractère.
Voici ce qu’est le quartier et comment en profiter.
Avenue Louise — L’artère du quartier
L’avenue Louise s’étend vers le sud depuis le centre-ville sur près de trois kilomètres. Elle s’élargit progressivement et est bordée d’une architecture que l’on met parfois un peu de temps à remarquer : grandes maisons bourgeoises, façades Art nouveau intégrées entre des bâtiments plus récents, et quelques demeures classées qui ont miraculeusement traversé les différentes vagues de développement urbain.
À son extrémité supérieure, elle rejoint les abords du Bois de la Cambre. En chemin, elle traverse plusieurs facettes très différentes d’elle-même.
La partie basse, la plus proche du centre-ville, concentre les boutiques de luxe et les grandes enseignes internationales que l’on retrouve dans la plupart des grandes rues commerçantes européennes. C’est une partie agréable et bien entretenue, mais ce n’est pas la plus intéressante de l’avenue.
La partie plus intéressante commence lorsque l’avenue s’élargit et que les rues secondaires commencent à partir en direction du Châtelain et de Flagey. C’est là que le quartier révèle véritablement ce que signifie y vivre.
Place du Châtelain — Le marché du mercredi
Chaque mercredi, la place du Châtelain se transforme. Les étals du marché occupent la place de la fin de matinée jusqu’en début de soirée : légumes biologiques, fromages, pain, vin, plats préparés, ainsi que quelques stands non alimentaires proposant toutes sortes de choses dont vous ne saviez pas avoir besoin.
En fin d’après-midi, les stands sont toujours là tandis que les terrasses des restaurants alentour commencent déjà à se remplir. Le marché et l’heure de l’apéritif se chevauchent d’une manière qui fait du mercredi le meilleur jour de la semaine pour profiter de cette place.
Le Châtelain a la réputation d’être un quartier d’expatriés, ce qui est vrai, mais incomplet. C’est aussi un endroit où vivent de nombreux professionnels bruxellois qui pourraient choisir de s’installer n’importe où dans la ville.
Les restaurants et les bars qui ont réussi à s’y inscrire dans la durée l’ont mérité : La Quincaillerie, installée dans une ancienne quincaillerie, les bars à vin de la rue du Bailli, ou encore les coffee shops qui perfectionnent leur offre depuis près d’une décennie.
C’est un quartier qui a construit son identité par l’usage plutôt que par le design.
La rue du Bailli, qui part vers le nord depuis la place, mérite d’être parcourue tranquillement. Boutiques indépendantes, librairie d’occasion, épicerie spécialisée… c’est le genre de rue qui devient de plus en plus rare dans les villes européennes, à mesure que les commerces indépendants laissent place aux grandes chaînes.
Le Châtelain a réussi à préserver cette diversité, ce qui en dit long sur le quartier.
Place Flagey — Les étangs et le paquebot
À dix minutes à pied à l’est du Châtelain, la place Flagey offre une atmosphère complètement différente.
La place est dominée par le bâtiment Flagey, une imposante construction Art déco datant de 1935, conçue à l’origine pour l’Institut national de radiodiffusion et aujourd’hui transformée en salle de concert pour le Brussels Philharmonic.
Sa silhouette courbe évoquant un navire lui a valu le surnom de « paquebot » auprès des habitants. C’est l’un des bâtiments les plus reconnaissables d’une ville qui ne manque pourtant pas d’architecture remarquable.
Les étangs d’Ixelles longent la place : deux longues étendues d’eau qui suivent l’ancien tracé aujourd’hui enfoui de la rivière Maelbeek. Ils sont bordés de chemins et fréquentés à toute heure par des coureurs, des cyclistes, des personnes venues lire ou simplement par celles qui ne font rien de particulier.
Le samedi et le dimanche matin, un marché alimentaire prend possession de la place. Plus petit et moins organisé que celui du Châtelain le mercredi, il possède une énergie particulière, propre aux matinées de week-end dans les quartiers résidentiels de Bruxelles.
Les terrasses des cafés autour de Flagey comptent parmi les meilleurs endroits pour passer un après-midi tranquille dans la ville.
Le Café Belga, installé au coin de la place depuis suffisamment longtemps pour être devenu une véritable institution, est régulièrement animé de la fin de matinée jusqu’à tard dans la soirée. La clientèle est locale, la carte des bières est sérieuse et la vue sur la façade Art déco de l’autre côté de la place fait partie de ces petits plaisirs que Bruxelles offre sans chercher à en faire tout un spectacle.
Le Bois de la Cambre — Là où l’avenue s’arrête
L’avenue Louise se termine au Bois de la Cambre, un vaste parc boisé organisé autour d’un lac, qui marque la transition entre la ville et la forêt de Soignes.
En été, il rassemble toutes les générations et tous les profils de Bruxelles : familles, étudiants des universités voisines, cyclistes, nageurs qui traversent jusqu’à l’île au milieu du lac, personnes venues s’installer pour l’après-midi et qui semblent clairement avoir prévu d’y rester.
C’est le genre de parc qui peut accueillir beaucoup de monde sans donner l’impression d’être bondé. Cela tient en partie à sa taille, mais aussi à son aménagement : des chemins boisés qui disparaissent rapidement les uns des autres et des clairières qui donnent une impression d’intimité, même lorsqu’elles ne le sont pas vraiment.
Lors d’une chaude soirée de juillet, lorsque la lumière traverse les arbres à un angle bas, c’est l’un des endroits les plus agréables où se trouver à Bruxelles.
L’abbaye de la Cambre se trouve à l’extrémité nord du parc. Cette abbaye cistercienne fondée en 1201 possède des jardins en terrasses et une église gothique ouverts aux visiteurs et presque toujours paisibles.
Elle se trouve à seulement cinq minutes à pied du parc et apparaît rarement dans les itinéraires des visiteurs qui découvrent Ixelles pour la première fois.
Se déplacer dans le quartier
Le quartier Louise se découvre facilement à pied, et c’est un endroit qui récompense ceux qui n’ont pas de programme précis.
De Made in Louise au marché du Châtelain, comptez cinq minutes. Du Châtelain à Flagey, dix minutes. De Flagey au Bois de la Cambre, encore quinze minutes en longeant les étangs.
L’ensemble du parcours, tranquillement, peut occuper tout un après-midi.
Les trams permettent également de rejoindre rapidement les autres quartiers de Bruxelles. Le centre-ville se trouve à quatre arrêts de la station de métro Louise, située au pied de l’avenue.
Pour ceux qui arrivent à Bruxelles sans programme précis, le quartier Louise est un excellent endroit pour commencer à en trouver un.
Pour découvrir ce qui se passe à Bruxelles ce mois-ci, le guide des événements de juillet de Made in Louise est disponible ici.
Nos adresses du moment
Deux adresses dans le quartier, à connaître si vous ne les connaissez pas encore.
NYYO, rue du Bailli, une carte courte, des plats à partager, des saveurs vietnamiennes travaillées avec les techniques de la cuisine occidentale. Une carte de cocktails signature et une sélection de vins biologiques. À cinq minutes de l'hôtel à pied.
Ricciocapriccio, quartier Châtelain, cuisine italienne gastronomique, menu raffiné qui évolue au fil des saisons, produits frais et locaux. L'une des adresses les plus sérieuses du quartier sur ce registre.
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